L’année 2017 sera celle de la guerre des objets connectés. Non pas des objets en eux-mêmes, mais des réseaux qui les connecteront à Internet. Réfrigérateurs, compteurs de gaz, pacemakers (des stimulateurs cardiaques), mais aussi voitures, caméras de surveillance ou encore machines-outils : les objets connectés seront plus de 20 milliards sur le globe en 2020 !

Mais pourquoi inventer une nouvelle solution de connectivité alors qu’il existe déjà le Wi-Fi, le Bluetooth, et surtout, le réseau mobile GSM ?

Que ce soit dans des projets de ville intelligente, d’agriculture connectée, d’industrie 4.0 ou de logistique, ces dispositifs sont en effet chargés de transmettre des informations basiques comme une température, une adresse GPS ou une alerte de panne. Le réseau pour fonctionner a besoin d’un nombre d’antennes dix fois moins que pour un réseau GSM classique et il utilise des bandes de fréquences gratuites.

Ces réseaux sans fil dit «bas débit» s’appuient pour la plupart sur la même fréquence radio (868 MHz) qui présente deux atouts indéniables : elle est libre d’utilisation… et gratuite ! Car elle est également utilisée par des entreprises qui, plutôt que de passer par une offre publique d’opérateur, préfèrent monter leur propre réseau pour objets connectés, que ce soit sur un périmètre local ou national. Une option rendue possible par le fait que ces réseaux bas débit s’appuient sur des technologies rustiques ne demandant pas de grands investissements. Construire un réseau ne nécessite aucune autorisation préalable.

Par contre, il faut considérer les objets connectés avec la même prudence qu’un ordinateur. Pour tous les objets connectés, vous pouvez remplacer le mot “intelligent” par “vulnérable”. Les risques ne sont pas différents de ceux régulièrement cités pour l’Internet : détournement de fonds, vol de données, d’identifiants ou de moyens de paiement, rançonnement, espionnage…

Les réseaux, même à bas débit, ne sont pas à blâmer pour autant. Le niveau de sécurité est celui du maillon le plus faible de la chaîne, laquelle comprend les objets connectés, le réseau qui les connecte, la plate-forme qui recueille les données, l’application qui traite ces données et le service qui est proposé au client. Point positif en la matière pour les réseaux bas débit tels Sigfox, Qowisio ou LoRa, pour des raisons techniques compliquées d’utilisation des fréquences, ils seraient bien plus difficiles à brouiller qu’un signal GSM ou Wi-Fi. A l’inverse, il est difficile de chiffrer les données qui transitent sur ces réseaux, car cela nécessite des capacités de calcul importantes et qui consomment trop d’énergie pour les capacités des objets connectés.

La meilleure des préventions reste l’utilisation de bonnes pratiques et, pour les fabricants d’objets connectés, de faire certifier leurs produits avec la procédure adaptée.